lettre depuis le Mexique, la France et l’Espagne.

à l’occasion des projections organisées au cinéma nova dans le cadre des deux semaines d’activités en solidarité, nous avons reçu une lettre de compagnon.ne.s qui ont participé à l’élaboration du film “ils nous ont volé nos nuits – des femmes face à la prison”.

Elle nous a réchauffé les coeurs, alors on la diffuse ici :

Aux Compagnonnes et compagnons réuni.e.s durant cette journée de soutien aux 12 compagnon.ne.s anarchistes poursuivi.e.s par l’état belge et sa justice parce qu’illes luttent contre les prisons.

Veuillez recevoir ces mots de vos compagnonnes et compagnons qui ont tissé ensemble le documentaire : “Ils nous ont volé nos nuits”.

Nous voulons vous dire que bien que nous soyons loin de vous géographiquement, notre rage, notre coeur et notre détermination sont à vos côtés. Nous sommes absolument sûr.e.s que la prison, l’enfermement, l’isolement, la persécution et la stigmatisation n’ont pas de frontières. C’est pour cela que nous sommes aujourd’hui à vos côtés,
vous n’êtes pas seul.e.s.

Depuis là où nous sommes, sachez que nous comprenons et savons ce que signifie être poursuivi.e.s par la supposée justice. Nous savons ce que l’on ressent quand est le la proche, la mère, la compagne, l’amie d’un prisonnier, d’une prisonnière. Nous savons que l’attente est une constante, la fatigue une réalité et la révolte la solution.

Aujourd’hui nous vous embrassons et vous souhaitons de la force pour continuer à aller de l’avant contre cette société carcérale, contre l’État qui s’enrichit de notre tristesse mais qui s’écroule face à notre rage. Nous ne nous rendons pas, nous ne nous vendons pas, nous ne nous croisons pas les bras. Comme vous, nous sommes toujours debout et nous sommes à vos côtés.

Depuis ces terres et depuis différents horizons nous vous envoyons notre coeur et notre solidarité.

Nous espérons que ce documentaire permettra non seulement une réflexion sur la prison et ses conséquences tant sur les enfermé.e.s que sur celles et ceux qui dehors sont persécuté.e.s et stigmatisé.e.s, mais aussi permettra à chacun.e de continuer à tisser des ponts et des complicités sans frontières ni barrières.

Courage et recevez une accolade chaleureuse et enragée de notre part.

Jusqu’à la liberté totale !

Vos compagnon.ne.s :

-Mariana González
-Miguel Peralta Betanzos (prisonnier anarchiste condamné à 50 années de prison à Oaxaca, Mexique)
– Italia Méndez (ancienne prisonnière et membre de la campagne contre la torture sexuelle au Mexique)
– Yaz Punk (de la Croix noire anarchiste de Mexico)
– Erika Sebastián Luis (fille d’un ancien prisonnier de longue peine).
-Eduviges Govea Lugo (mère de Victor Govea, ancien prisonnier anarchiste)
-Patricia Garcia Catalán (Mère de Mario González García, ancien prisonnier anarchiste)
-Mario Gonzáles García
-Ana María Castillo Rivas (mère de Fernando Barcenas Castillo, ancien prisonnier anarchiste)
-Fernando Barcenas Castillo (ancien prisonnier anarchiste à l’initiative du journal anticarceral el canero et de la bibliothèque Xose Tarrio dans la prison nord de México)
-Pastora González Vieites (mère de Xose Tarrio González et membre des familles contra la cruauté carcérale de l’état espagnol)
– Croix noire anarchiste de México
– Les trois passants

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Compañeras y compañeros reunidos en esta jornada de apoyo a los 12 compañerxs anarquistas perseguidos por el estado belga y su justicia, perseguidos por luchar contra las cárceles.

Reciban estas palabras de sus compañeras y compañeros que juntxs tejimos el documental de “nos robaron las noches”. Les queremos decir que aunque
lejos estamos de ustedes geográficamente, nuestra rabia, corazón y determinación están a su lado, estamos completamente segurxs que la cárcel, el encierro el aislamiento, la persecución y la estigmatización
no tienen geografía, por eso estamos hoy a su lado, les decimos que no es tan solxs, que desde nuestros rincones comprendemos y sabemos lo que significa estar perseguidxs por la supuesta justicia, sabemos lo que se
siente ser familiar, madre, compañera, amiga de un preso o presa, sabemos que la espera es una constante, el cansancio es una realidad y la revuelta la solución. Hoy lxs abrazamos y les deseamos fuerza para seguir adelante contra esta sociedad carcelaria, contra el Estado que se
enriquece de nuestra tristeza pero que se desmorona por nuestra rabia.
Nosotrxs no nos rendimos, no nos vendemos, no cruzamos los brazos. Como ustedes seguimos de pie y estamos a su lado.

Desde estas tierras y desde varios horizontes les mandamos nuestro corazón y nuestra solidaridad, esperamos que este documental permita no sólo una reflexión sobre la cárcel y las consecuencias que trae tanto a los que están encerradxs y a las y los que afuera estamos perseguidxs y estigmatizxs, sino que permita a si mismo seguir tejiendo puentes y compañerismos sin fronteras ni barreras.

Ánimo, y reciban un abrazo cálido y enrabiado de nuestra parte.

Hasta la libertad total.

Sus companerxs