Soirée de solidarité avec les anarchistes accusés de braquages de banque à Aix-en-Chapelle

mardi 6 septembre 2016 à 19h30

Bibliothèque Acrata // Rue de la Grande Ile 32 , Bruxelles

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En juillet 2015, une compagnonne hollandaise est arrêté à la frontière entre la Grèce et la Bulgarie. Elle est extradée en Allemagne et y sera détenue à la prison de Cologne soupçonnée de complicité à une braquage de banque à Aix-en-Chapelle en 2013. En décembre, elle est inculpée de braquage de banque, prise d’otage et détention d’armes, mais sera relâchée en attendant le procès. En juillet 2016, suite à un nouveau mandat d’arrêt européen émis par l’Allemagne dans le cadre de la même affaire, elle est arrêtée de nouveau à Amsterdam. En attendant le procès de son extradition vers l’Allemagne début septembre, elle est relâchée. En avril 2016, lors d’une série de perquisitions à Barcelone en collaboration avec la Justice allemande, une deuxième compagnonne est arrêtée, soupçonnée cette fois-ci d’un braquage de banque en 2014, également dans la ville d’Aix-en-Chapelle. Deux mois plus tard, elle est extradée depuis la prison de Soto del Real à Madrid vers l’Allemagne. Peu après, un compagnon portugais est arrêté à Barcelone dans le cadre du même dossier. Lui aussi sera extradé peu après son arrestation vers l’Allemagne, où il est incarcéré en attendant le procès.

Ces opérations répressives pour lesquelles l’État allemand ne ménage aucun effort, posent des questions qu’on aimerait approfondir lors de cette discussion. La collaboration internationale entre différents pays européens est le fil rouge à travers ce dossier. Comment procèdent les enquêteurs, et que signifie cette efficacité internationale toujours croissante du pouvoir pour ceux qui veulent rester en dehors des griffes de leurs lois et de leurs prisons ? Comment peut-on comprendre cette répression contre des anarchistes comme faisant partie d’une répression bien plus ample qui s’intensifie partout contre tous les indésirables, et qui veut se faire valoir plus souvent et plus durement contre toute personne qui décide de ne pas se résigner à être un esclave du système, de sa morale et de sa pauvreté imposée ? Comment peut-on s’imaginer une solidarité qui ne saut pas seulement les frontières, mais qui va aussi au-delà d’un soutien spécifique à des compagnons qui sont dans la merde ? Comment faire en sorte que des épisodes répressifs comme celui-ci ne nous condamnent pas à des dynamiques d’autodéfense pour survivre, mais au contraire, nous aident à aiguiser les couteaux dans une offensive contre toute oppression ?

La Lime – caisse de solidarité

Plus d’infos et des mises-à-jour concernant cette affaire :
cettesemaine.info/breves (en français)
lalime.noblogs.org (surtout en français)
solidaritatrebel.noblogs.org (en espagnol et en catalan)
solidariteit.noblogs.org (en néerlandais, allemand, anglais et espagnol)

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Allonger la main – Brochure à propos de l’affaire d’Aix-en-Chapelle

allonger_la_mainCliquez sur l’image pour télécharger la brochure en PDF.

 

En juillet 2015, une compagnonne hollandaise est arrêté à la frontière entre la Grèce et la Bulgarie. Elle est extradée en Allemagne et y sera détenue à la prison de Cologne soupçonnée de complicité à une braquage de banque à Aix-en-Chapelle en 2013. En décembre, elle est inculpée de braquage de banque, prise d’otage et détention d’armes, mais sera relâchée en attendant le procès. En juillet 2016, suite à un nouveau mandat d’arrêt européen émis par l’Allemagne dans le cadre de la même affaire, elle est arrêtée de nouveau à Amsterdam. En attendant le procès de son extradition vers l’Allemagne  début septembre, elle est relâchée. En avril 2016, lors d’une série de perquisitions à Barcelone en collaboration avec la Justice allemande, une deuxième compagnonne est arrêtée, soupçonnée cette fois-ci d’un braquage de banque en 2014, également dans la ville d’Aix-en-Chapelle. Deux mois plus tard, elle est extradée depuis la prison de Soto del Real à Madrid vers l’Allemagne. Peu après, un compagnon portugais est arrêté à Barcelone dans le cadre du même dossier. Lui aussi sera extradé peu après son arrestation vers l’Allemagne, où il est incarcéré en attendant le procès.

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Solidarités

25 juillet 2016, Hambourg – “Dans la nuit du 24 au 25 juillet 2016 , les vitres et le distributeur de deux banques ont été détruits à Hambourg et des slogans ont été tagués en solidarité avec les deux anarchistes accusées de braquages de banque dans la ville allemande de Aachen.
Nous ne les laisserons pas seules !
Jusqu’à ce que nous soyons tou-te-s libres !”


8 juillet 2016, La Hague – « La nuit dernière, nous avons démoli huit distributeurs automatiques de billets à La Hague (Pays-Bas) en solidarité avec les compagnon-ne-s anarchistes accusé-es de l’expropriation d’une banque à Aix-la-Chapelle. Le 6 juillet, une compagnonne a été arrêtée à Amsterdam et est désormais incarcérée en attente de son extradition vers l’Allemagne. La semaine précédente, le 30 juin, une autre compagnonne d’Espagne a été extradée vers l’Allemagne. Nous appelons chacun-e à agir en solidarité avec les compagnon-ne-s incarcéré-es ! Nous sommes vraiment en colère !

Nous ne sommes pas intéressés de savoir si les compagnon-ne-s sont réellement responsables du braquage de banque ou non. L’expropriation est une pratique éthiquement juste et politiquement légitime, une méthode de lutte qui fait partie de l’histoire de tout mouvement révolutionnaire. En effet, malgré les tentatives constantes du Pouvoir de réduire cette méthode dans le cadre d’un « crime commun » motivé par l’avidité individuelle, le fait est que l’expropriation des endroits d’accumulation de capital est une constante dans notre histoire : des groupes d’anarcho-syndicalistes au début du XXème siècle qui ont volé des banques pour soutenir des grèves ou aider les familles de camarades emprisonnés, jusqu’aux groupes autonomes divers des années 70 et des années 80.

Liberté immédiate pour nos compagnonnes ! Brûlons toutes les prisons ! Détruisons toutes les banques ! »


7 juillet, Amsterdam – Manif dans le centre-ville au lendemain de la ré-arrestation de la compagnonne.


2 juillet, Amsterdam – “Samedi 2 juillet, nous avons fait un petit signe de solidarité pour nos compagnonnes qui sont accusées de braquage de banque par le ministère public d’Aix-la-Chapelle. Deux banderoles ont été suspendues des deux côtés du pont à ‘Vondelpark’, au niveau de ‘Eerste Constantijn Huygenstraat’. Après avoir suspendu les banderoles, des tracts ont été jetés en l’air avec des messages comme : “Destruction de toutes les prisons et du monde qui en a besoin, jusqu’à ce que tou-te-s soient libres !, etc…” […] Nos compagnonnes ne resteront pas seules face à la répression ! Pour la propagation de la solidarité active !”


Début juillet, Thessalonique – Rassemblement solidaire, affiches, banderoles et tracts.


juillet 2016, Barcelone – Affiches collées à Barcelone au cours de ces dernières semaines en solidarité avec la compagnonne arrêtée le 13 avril

Il y a celles et ceux qui rêvent peu et désirent moins encore.
Qui se satisfont de banalités,
Qui se divertissent au lieu de vivre,
cultivant leur MOI propre jusqu’à disparaitre dans l’oubli.

Il y a celles et ceux qui débordent d’idées merveilleuses,belles et destructrices,
Mais qui hésitent à l’heure de les mettre en pratique, se cachant derrière des discours de pureté tiède,
ils finissent par parcourir insatisfaits
la triste topologie de l’indécision.

Mais il y a aussi ces quelques-un-e-s aux rêves confus
mais pleins de conviction.
Qui demandent tout, mais sont aussi capables de donner encore plus.
Qui savent être contagieu-ses avec leur élan, leur enthousiasme et leur
audace.
Persistant-e-s, irréductibles, obstiné-e-s.
Qui ne s’accommodent jamais du paraitre,
Puisqu’ils et elles cherchent l’intensité de ce qui est réellement
Puisqu’atteindre les confins ne leur suffit pas,
Parce qu’ils et elles ne rentrent simplement pas dans ce monde si plat.

Parce qu’ils et elles ont reconnu que pour réaliser les mondes nouveaux
il faut arracher à vif
les morceaux et les moments de l’existant.
Que pour avancer, il faut se lancer en avant,
parfois même dans le vide, en toute conscience du danger,
mais en croyant dans la victoire.

Que la cohérence, le compagnonnage et l’humilité
sont la matière première de tout changement violement nécessaire.
Et surtout, ils et elles se sont rendu compte de cette lugubre vérité

Il n’y a que la réalité, notre conscience et nos décisions …

Liberté pour la compagnonne arrêtée le 13 avril à Barcelone
Pour l’anarchie !
Feu aux prisons !


25 juin, Madrid – Rassemblement solidaire devant les murs de la prison de Soto del Real, où est incarcérée la compagnonne.


Fin juin, Barcelone & Manresa – Manifestations en solidarité, contre l’extradition imminente de la compagnonne arrêtée à Barcelone.


22 juin 2016, Barcelone – “Dans la matinée du 22 juin, nous avons décidé de rompre avec la routine de la ville de Barcelone et de montrer notre solidarité avec la compagnonne arrêtée le 13 avril et qui sera prochainement extradée vers l’Allemagne, en faisant éclater les vitres des bureaux de la FEDA (école de commerce allemande).

La FEDA (Formación Empresarial Dual Alemana), située rue Provenca dans le quartier ’del Clot’, s’occupe de former des dirigeants, ceux qui aspirent à devenir nos futurs chefs et exploiteurs, la chiourme capitaliste. La dite école est directement liée à l’Etat allemand mais nous n’oublions pas que ce sont l’Etat espagnol et les Mossos d’Escuadra qui ont réalisé l’arrestation. En attaquant ces bureaux, nous envoyons une forte accolade à la compagnonne et nous en profitons pour encourager cette solidarité multiforme qui utilise l’action directe.

N’oublions pas que les nuits nous accompagnent et que les attaques contre les structures du pouvoir doivent se multiplier !

Des anarchistes”


21 mai 2016, Barcelone – “Le 21 mai dernier, nous avons attaqué une agence de la banque allemande Deutsche Bank située dans la rue Gran de Sant Andreu. Toutes les vitres ont été brisées, de même que l’écran du DAB. Des tags ont été laissés, exigeant la remise en liberté de la compagnonne arrêtée le 13 avril, accusée d’avoir braqué une banque du Vatican dans la ville allemande de Aachen.

Nous incitons à poursuivre les actions et les expressions de solidarité
avec les personnes emprisonnées et réprimées pour lutter.

La lutte est le seul chemin.

Barcelone, été 2016″


21 avril 2016, Barcelone – “Dans la nuit du 21 avril, attaquée Deutch Bank en solidarité compagnonne
emprisonnée le 13 avril
. Brisés DAB et vitrine, laissé un tag : solidarité rebelle liberté compagnonne 13 avril


Quelques jours après l’arrestation du 13 avril, Barcelona – Plusieurs centaines de personnes descendent en manif solidaire dans les rues de Barcelone.

 

 

 

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Un peu de lumière sur l’enquête qui a mené à l’incarcération de la compagnonne arrêtée le 13 avril

Une brève note de presse diffusée par le corps des Mossos d’Esquadra [police autonome catalane] annonçait le 13 avril dernier l’opération policière au cours de laquelle a été arrêtée à Barcelone la compagnonne actuellement incarcérée à Cologne (Allemagne), accusée d’avoir expropriée une agence bancaire dans la ville de Aachen [Aix-la-Chapelle].

Selon cette note, l’opération répondait à une commission rogatoire internationale lancée à la demande du Parquet de Aachen (Allemagne), qui avait signé deux jours auparavant un mandat d’arrêt au nom de la militante anarchiste de Barcelone. Ce qui n’était pas expliqué dans cette note et qui jusqu’à présent n’avait pas été rendu public, c’est que l’arrestation et les perquisitions effectuées par le CME (Cuerpo de Mossos d’Esquadra) dans les quartiers barcelonais de Gràcia et el Carmel n’ont pas été que la simple exécution d’une demande internationale, mais le point culminant d’une longue et étroite collaboration entre les appareils policiers et judiciaires des Etats allemand et espagnol, avec la participation active de la police autonome catalane. L’implication des Mossos d’Esquadra dans cette affaire remonte à bien avant avril dernier et, comme cela a été démontré, va bien plus loin qu’un rôle passif et simplement exécutoire.

Une matinée quelconque à Aachen [Aix-la-Chapelle]

Le matin du 14 novembre 2014, un groupe de personnes armées entre dans l’agence de la Pax Bank de la localité westfalienne de Aachen, à l’ouest du pays. Après avoir vidé le coffre-fort et attaché les employés de la banque, elles abandonnent les lieux sans blessés ni dommages personnels.
Au cours des jours suivants, la brigade de police chargée de l’enquête, le Landeskriminalamt de Nordrhein-Westfalen (LKA NRW), reliera cette expropriation à deux autres braquages ayant eu lieu ces dernières années dans la ville [1], et mettra en route une authentique -et infructueuse- campagne médiatique de délation, diffusant publiquement les détails des braquages et offrant des récompenses de milliers d’euros à quiconque pouvant apporter des informations sur des personnes suspectes. Le LKA ira loin dans cette stratégie, jusqu’à décider d’utiliser pour sa campagne un célèbre et déplorable programme télévisé, diffusé sur l’une des principales chaines du pays : Aktenzeichen XY… Ungelöst (“Dossier XY… Non Résolu”). Il s’agit d’un reality show à caractère ouvertement para-policier où sont exposées de manière malsaine des affaires que la police a été incapable de résoudre par elle-même, en montrant des images de caméras de surveillance, des vêtements trouvés sur les lieux des « crimes », des portraits-robot et des reconstitutions dramatisées des faits, pour impressionner et inciter la masse spectatrice à aider les corps de l’Etat et à dénoncer d’autres personnes.

La perruque, le gant et la canette

Quatre mois après le braquage, en mars 2015, l’enquête prendra un nouveau cours avec l’entrée en scène de la police catalane. Cette dernière enverra à l’Allemagne une note en réponse à la demande envoyée en janvier par le LKA au niveau international, faisant circuler les profils génétiques extraits d’échantillons d’ADN [2] supposément trouvés sur le lieu des faits, à la recherche de possibles concordances dans les bases de données d’autres Etats.
Selon les Mossos, le profil d’un échantillon extrait d’une perruque trouvée près de la Pax Bank de Aachen en novembre, coïnciderait avec un autre entré dans leur propre base de données génétiques, extrait d’un gant trouvé dans la rue après une action directe à caractère politique ayant eu lieu dans le quartier de Sants de Barcelone en juin 2009. A partir de là commence une enquête conjointe germano-catalane dans laquelle les corps de police des deux Etats partagent leurs informations et lancent des recherches intensives dans ce que la presse allemande a appelé ”le mouvement squat d’extrême-gauche de Barcelone” qui, selon les thèses exposées dans les médias par le Parquet de la police de Aachen, aurait été le milieu principal concerné par l’enquête.

Dans le cadre de cette enquête et toujours selon la version policière, fin juin, des agents de la division de renseignement des Mossos ont ramassé furtivement une canette de bière vide et abandonnée dans la rue par la compagnonne mise en examen. Ils auraient extrait des échantillons d’ADN de cette canette afin de réaliser une comparaison directe avec les restes de matériel génétique trouvé près de la Pax Bank après l’expropriation. Quatre mois plus tard, fin octobre, un rapport des laboratoires biologiques des Mossos aurait confirmé la concordance entre les deux échantillons. Pourtant, six mois se seront écoulés avant que le 12 avril de cette année soit émis depuis Aachen un mandat d’arrêt européen à son encontre, amenant finalement à son arrestation le lendemain, à son domicile, dans le quartier du Carmel.

Répression et contrôle social : l’ADN des Etats

Le processus policier qui se conclut par cette arrestation nous confirme donc ce que pour beaucoup nous savions déjà, à savoir que depuis des années, les Mossos d’Esquadra prélèvent massivement et systématiquement des échantillons biologiques au cours d’actions, de mobilisations, de perquisitions et de protestations pour se construire une base de données génétiques qui augmente le contrôle contre les mouvements antagonistes. Ce qui a été initialement introduit comme une mesure exceptionnelle, avec l’argument de la nécessité de se protéger des violeurs récidivistes et autres cas similaires, est en train de s’implanter et de se normaliser comme une technologie répressive de plus au service des poursuites contre des militant-e-s politiques [sic].
Dans l’Etat espagnol, ce modus operandi policier est mis en œuvre depuis longtemps par la police autonome basque (Ertzaintza) dans la répression de la gauche abertzale et des luttes en Euskal Herria. Comme le dénonçait déjà le journal Gara en 2007, la Ertzaintza a commencé à construire une base de données génétiques en ramassant des mégots et des verres lors de fêtes, des brosses à dents lors de perquisitions ou des embouts en plastique utilisés lors de faux contrôles d’alcoolémie. Les problèmes de fiabilité et de validité en tant que preuve attribués par certains experts aux techniques ADN n’ont pas empêché la police autonome basque de lancer des procès judiciaires basés sur le profil génétique comme unique preuve, procès qui, avec l’aide inestimable des tribunaux d’exception de l’Audiencia Nacional espagnole, se sont souvent conclus par de longues peines de prison pour les personnes accusées.

Au niveau européen, l’utilisation de technologies génétiques dans le milieu policier et judiciaire n’a cessé de gagner du terrain depuis qu’à la fin des années 80 Interpol a importé des États-Unis la stratégie de créer des bases de données pour identification par le biais du profil ADN. Malgré les différences selon le contexte socio-polítique et juridique de chaque endroit, la tendance commune au niveau international est en général à la croissance exponentielle des informations personnelles enregistrées dans ces bases de données, et à l’élimination progressive des restrictions légales limitant l’introduction et la mise en fiche de nouveaux échantillons. L’utilisation policière des technologies génétiques a augmenté drastiquement dans toute l’Union Européenne, et les critères pour permettre leur utilisation sont toujours plus ouverts.

Nous nous trouvons donc face à un saut qualitatif de taille, non seulement dans les techniques répressives visant des secteurs dissidents minoritaires, mais dans la capacité des Etats vers le contrôle social de toute la population en général. Face à ce défi, en tant qu’ennemies du status quo, nous devons choisir entre nous laisser intimider par les mécanismes de contrôle du Pouvoir ou bien produire des stratégies politiques et des pratiques adéquates pour les affronter, sachant que l’hypothèse d’une société totalement sous contrôle n’est que cela : l’obscur fantasme irréalisable d’une logique de domination qui se heurtera toujours à des résistances.

Notes :
[1] Nous rappelons qu’il y a peu une compagnonne a de nouveau été arrêtée le 6 juillet à Amsterdam [puis remise en liberté sous contrôle judiciaire le 15 juillet en attendant qu’un tribunal statue sur son extradition vers l’Allemagne], accusée d’avoir participé à l’une de ces expropriations, concrètement celle qui a eu lieu en juillet 2013.
[2] L’acide désoxyribonucléique (ADN) est un composant chimique du noyau cellulaire contenant l’information génétique qui se transmet de manière héréditaire dans les organismes vivants. Cet acide se trouve dans toutes les cellules d’animaux —humains et non humains—, dans les plantes et autres organismes, sauf dans les globules rouges. L’ADN est utilisé dans diverses techniques (biogénétique, nanotechnologie, bio-informatique, etc.), mais celle qui nos intéresse dans ce texte, appelée « d’expertise légale », est utilisée dans des contextes policiers, judiciaires et pénaux. Dans ces cas, on utilise l’ADN extrait des cheveux, de la salive ou du sang, pour obtenir ce qu’on appelle l’empreinte génétique ou le « profil ADN ». Ce sont les variations de séquences de cette empreinte, ou profil, qui permettent de différencier les personnes, comme si c’était un “code-barres humain”.

[Traduit de l’espagnol de solidaritatrebel, 2016/07/16]

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[Bruxelles] Solidarité avec les anarchistes arrêtées

Solidarité avec les anarchistes arrêtées dans l’enquête concernant plusieurs braquages de banque à Aix-en-Chapelle, Allemagne

Ces dernières semaines, plusieurs anarchistes ont été arrêtées en Espagne et aux Pays-Bas sur l’ordre de la police criminelle allemande. Une compagnonne a déjà été extradée en Allemagne, une autre est détenu en prison aux Pays-Bas. L’enquête concerne plusieurs braquages de banque en 2013 et 2014 dans la ville d’Aix-en-Chapelle.

Sont-elles coupables ou innocentes ? Dans une société qui tend toujours plus vers une dictature de l’argent et du contrôle, le jugement de leurs tribunaux ne nous intéresse pas vraiment. L’État et son système judiciaire se sont toujours démontrés d’être les chiens de garde zélés de l’idéologie dominante, toujours marginalisant, punissant, incarcérant, torturant et même assassinant celles et ceux qui s’y opposent consciemment, voir celles et ceux qui ne lui sont pas rentables et qui sont donc considérés comme jetables.

Nos cœurs et pensées sont avec tout individu qui cherche des nouvelles voies, qui choisit de ne pas être un esclave du statu quo et qui cherche à découvrir les possibilités pratiques relevant de ce choix ; avec tout individu qui se bat contre les différentes formes d’autorité et qui attaque les structures, les institutions et les hommes qui imposent leur joug oppressif aux pauvres et aux indésirables.

Partout, la domination met des bâtons dans les roues de celui qui s’aventure hors des sentiers battus de la soumission, de la docilité et de la servitude. Alors luttons pour conquérir notre liberté en mettant partout des bâtons dans les roues de la domination.

Liberté pour les compagnonnes
Liberté pour toutes et tous

En solidarité, nous continuons…

Des anarchistes de Bruxelles // juillet 2016

solidaritatrebel.noblogs.org // solidariteit.noblogs.org

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[Espagne] Une lettre de la compagnonne soupçonnée de braquage

Il y a quelques jours à peine, alors que nous tenions pour imminente l’extradition de la compagnonne arrêtée le 13 avril dernier et accusée de l’expropriation d’une banque en Allemagne, nous avons appris la décision de l’Audiencia Nacional espagnole de repousser d’un mois supplémentaire son extradition vers l’Allemagne, suite à un recours déposé par la défense en raison de la procédure de mariage entamée avant son arrestation.

Au moment de l’annonce de la décision judiciaire, la compagnonne avait été transférée à la prison pour femmes de Brieva (Ávila) d’où nous pensions qu’ils s’apprêtaient à l’envoyer par avion pour l’Allemagne. C’est de là qu’elle nous a fait parvenir la lettre pour l’extérieur que nous reproduisons ci-dessous. Actuellement, la compagnonne se trouve à nouveau dans la prison madrilène de Soto del Real, à l’isolement, mais en promenade avec d’autres prisonnières, au minimum jusqu’au 30 juin, date à laquelle prend fin la période de prolongation destinée à permettre le déroulement du mariage.
Cependant, nous lançons un appel à continuer à nous solidariser avec elle dans la rue, à montrer notre solidarité avec toutes les personnes en lutte incarcérées et à exprimer notre plus profond mépris au système qui les garde enfermées pour défendre son ordre misérable.

Lettre de la compagnonne

« Compagnonnes et compagnons, j’écris de la prison de Brieva, Ávila, où ils viennent de me transférer après un mois et demi passé dans la taule de Soto del Real, toujours en FIES et en régime d’isolement. J’aurais aimé écrire depuis des jours, mais l’ensemble de la communication et de l’information est très lent et limité, c’est pourquoi je ne l’ai pas fait jusqu’à présent.
J’éprouve une très profonde reconnaissance pour toutes les démonstrations et les gestes de solidarité et de soutien. Je les ai ressentis si profondément qu’ils ont traversé les murs, les barreaux et tout le système de contrôle et de sécurité. Ils peuvent essayer tant qu’ils veulent, ils ne pourront jamais briser ou freiner notre volonté et notre décision de nous révolter contre ce monde de misère totale dans lequel ils nous obligent à vivre.

Ce sont précisément les conditions les plus difficiles qui nous donnent davantage de force et de détermination pour continuer et aiguiser les nombreux fronts de combat que nous menons, aussi bien ici, à l’intérieur, que dehors. Les luttes pour la libération de toute sorte d’oppression et d’autorité sont multiples, tout comme le sont les méthodes et les pratiques justes et légitimes. De la simple négation de l’autorité jusqu’à l’attaque ou l’expropriation d’une banque, exemples parmi tant d’autres… Le plus important des actions reste toujours qu’elles puissent s’expliquer et se comprendre par elles-mêmes ; de par leurs objectifs, leur finalité et leur valeur.

Lorsque les différentes luttes s’interconnectent dans un contexte plus large, elles se complètent et se renforcent, et surtout brisent la division entre le quotidien, le personnel et le politique, car toutes les décisions que nous prenons dans nos vies personnelles finissent par être politiques, de la même manière que nos décisions politiques touchent directement nos vies personnelles. Même s’il est évident que nous devons faire très attention à chaque pas que nous faisons pour ne pas tomber dans les griffes de l’Etat et de ses sbires, nous savons que lutter a un prix, puisque l’Etat et les médias répondent chaque fois avec plus de répression et de chasse médiatique à toutes celles et ceux qui, comme nous, les affrontent.

Je suis encore ici, mais ils vont probablement bientôt m’extrader en Allemagne. Je me sens pleine de force et de courage pour faire face à cette situation et à que tout ce qui peut arriver. Avant tout fière de nos idées, de nos valeurs et de nos pratiques anarchistes, ainsi que de la vie que nous avons choisie un jour et que nous choisissons chaque jour à nouveau …

Force et solidarité à toutes les personnes en lutte, poursuivies et emprisonnées !
La lutte continue, ils ne pourront jamais nous arrêter ! »

1er juin 2016
Centre Pénitentiaire de Brieva (Ávila, Etat espagnol)

[Traduit de l’espagnol d’Indy Barcelone, 07 jun 2016]

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[Pays-Bas] Actualisation sur les derniers coups répressifs à Aix-la-Chapelle

En juillet 2015, notre amie et compagnonne a été arrêtée au cours d’un contrôle de passeports à la frontière entre la Grèce et la Bulgarie. Le mandat d’arrêt européen avait été émis par le Parquet de Aachen (Aix-la-Chapelle), en Allemagne, le 24 juin 2015. Elle a été transférée en Allemagne et placée en prison préventive (Untersuchungshaft) dans la prison de Cologne sous l’accusation de participation à un braquage de banque à main armée ayant eu lieu deux ans auparavant (2013). Le 2 décembre 2015, après un mois d’enquête, le Parquet l’a inculpée formellement du braquage de la banque, de prise d’otages et de possession d’arme à feu. 
Le 16 décembre, le tribunal qui instruit l’affaire notifiait à la prison qu’elle devait libérer notre compagnonne, toutes les charges étant toutes rejetées puisque les “preuves” obtenues au terme de mois d’enquête n’étaient pas suffisantes pour assurer un procès.

Quand nous avons écrit le paragraphe antérieur (1) par rapport à l’incarcération puis à la libération de notre amie, nous espérions que ce serait le point final de cette histoire. Malheureusement, la police allemande n’a pas accepté cette décision et a décidé de faire appel contre la remise en liberté de la compagnonne. Après que cet appel ait été rejeté en première instance, il a finalement été accepté par un tribunal supérieur.
Cela signifie qu’après avoir passée presque six mois en préventive, notre amie et compagnonne, bien qu’en liberté, est actuellement en attente d’un procès, dont la date n’est pas connue. Malgré diverses tentatives désespérées du Parquet pour obtenir un nouveau mandat de détention ―nous attendons actuellement que le tribunal supérieur se prononce sur cette demande― la compagnonne est encore en liberté et parmi nous.
Cependant, le mercredi 13 avril, le même bureau du procureur a ordonné une série de perquisitions dans des maisons de Barcelone, qui se sont soldées par l’arrestation d’une autre compagnonne ; elle est accusée d’avoir participé à un braquage de banque à Aachen courant 2014. Il semble clair que les autorités allemandes et espagnoles ont décidé de s’unir dans la vague répressive en cours contre les anarchistes sur le territoire européen, soutenus fidèlement par les chiens obéissants des médias de masse

Comme on pouvait s’y attendre, les médias se frottent les mains à la perspective de pouvoir relier des “délits de droit commun” avec le mouvement anarchiste. Cela n’est pas une surprise, surtout à un moment toujours plus défini par les incessants coups répressifs contre tout mouvement subversif. Cependant, nous pensons important de ne pas rentrer dans la distinction entre ce que seraient supposément des délits de droit “commun” ou “politiques”, distinctions opérées par la police, le Parquet ou les journalistes. Nous n’avons pas besoin de fournir aux autorités des catégories distinctives qu’elles en seraient que trop heureuses d’ accepter. Comme cela est dit dans le communiqué publié par les compagnonnes de la personne arrêtée à Barcelone, l’expropriation de banques est “éthiquement juste et une pratique politiquement légitime, une méthode de lutte qui fait partie de l’histoire de tous les mouvements révolutionnaires.

Tandis que les laquais de l’Etat construisent et diffusent leurs suppositions et accusations publiquement, les entourant de tout le spectacle auquel ils nous ont déjà habitués, nous devons pour notre part rester fidèles à nos propres perspectives et idées. Le moment n’est pas à la spéculation, que ce soit sur “les motifs” des braquages ou sur l’innocence ou la culpabilité de la personne arrêtée 2). Plus qu’un moment de questions, ce devrait être un moment de réponses ― et de réponses claires dirigées contre ceux qui nous oppriment. Comme cela a déjà été dit d’autres fois, “s’ils touchent l’une de nous, ils nous touchent toutes“. Plus que jamais, c’est un moment pour la solidarité, de toutes les manières dont elle peut s’exprimer.

Liberté immédiate pour la compagnonne emprisonnée.
Jusqu’à ce que toutes les prisons et les banques qui en ont besoin soient détruites…

Amsterdam, 19 avril 2016

1. Prisons allemandes : notre compagnonne incarcérée est sortie
2. Que les personnes accusées aient participé ou pas à ces faits n’est pas quelque chose de pertinent pour nous. Ce qui nous importe est exprimer notre solidarité avec ceux qui sont sont poursuivis par les autorités.

[Traduit de l’espagnol de Indy Barcelone, 22 abr 2016]

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[Espagne] A propos de la compagnonne incarcérée sous l’accusation de braquages de banques

Ce mercredi 13 avril a commencé à 5 du matin une opération des Mossos d’Esquadra à Barcelone, au cours de laquelle deux domiciles particuliers et un centre social du quartier de La Salut, « les Blokes Fantasma » ont été perquisitionnés, la vingtaine de personnes habitant ce dernier bâtiment se voyant retenue douze heures.
A côté du saccage et de la destruction qui accompagnent toute perquisition policière, cette opération s’est soldée par l’arrestation d’une compagnonne qui avait déjà été emprisonnée dans le cadre de l’Opération Pandora, et sur laquelle pesait depuis le 11 avril un mandat d’arrêt européen pour l’accusation d’avoir participé à des expropriations d’agences bancaires sur le territoire allemand.

Après qu’elle ait été amenée à l’Audiencia Nacional espagnole, le juge Eloy Velasco a ordonné l’incarcération en prison préventive de notre compagnonne qui a été transférée au centre pénitentiaire de Soto del Real. Etant donné qu’elle est aussi mise en examen dans la procédure Pandora (actuellement en phase d’instruction) et qu’elle a manifesté sa volonté de ne pas être extradée, notre défense a demandé un ’’conditionnement’’ du mandat d’arrêt afin qu’elle puisse purger la prison préventive dans l’Etat espagnol, dans l’attente du procès qui l’attend ici. Dans un délai de 2 mois maximum (prolongeables un mois supplémentaire), l’Audiencia Nacional devra décider si elle suspend temporairement ou pas la remise de notre compagnonne aux autorités allemandes. A partir des informations publiées dans la presse allemande, nous avons pu savoir qu’on lui attribue une expropriation ayant eu lieu dans la ville de Aix-la-Chapelle au cours de laquelle –toujours selon la presse– le groupe de braqueurs aurait emporté une importante quantité d’argent de la banque sans causer de blessures ni aucun dommage personnel.

Quelle que soit l’évolution de la procédure judiciaire, nous voulons montrer publiquement notre soutien à la compagnonne revendiquant comme nôtres ses objectifs révolutionnaires, sa lutte et son activité militante. Nous qui la connaissons de près, savons qu’elle s’est entièrement gagnée la solidarité de toutes. Nous parlons d’une personne en lutte et anarchiste, active depuis des années dans divers projets antiracistes, féministes et libertaires de Barcelone, toujours solidaire avec les personnes sous le coup de la répression, toujours disposée à aider dans la mesure du possible, toujours partante, toujours généreuse, joyeuse et souriante avec les proches, toujours intransigeante et ferme contre tout ce qu’elle perçoit comme injuste

La tentative médiatique de la transformer en « danger public » ne pourrait être plus perverse. D’autant plus alors que cette opération de manipulation médiatique implique de présenter les banques comme des victimes, dans une totale inversion de la réalité, magnifiant ceux ont volé, pressé comme des citrons, escroqué, expulsé et fait des coupes drastiques impunément durant des années, tout en criminalisant celles et ceux qui se révoltent contre leur ordre et osent les attaquer.

Il nous est tout à fait indifférent de savoir si la compagnonne est réellement responsable ou pas de ces braquages. L’expropriation est une pratique éthiquement juste et politiquement légitime, une méthode de lutte qui fait partie de l’histoire de tout mouvement révolutionnaire.

En effet, malgré les incessantes tentatives de la part du Pouvoir de réduire cette méthode au cadre d’une ’’crime commun’’, mû par l’intérêt et l’avarice individuels, il est certain que l’expropriation des lieux d’accumulation de capital est une constante dans notre histoire : des groupes anarchosyndicalistes qui au début du XXe siècle volaient les banques pour soutenir des grèves ou aider les familles des compagnons emprisonnées, jusqu’aux différents groupes autonomes des années 70-80 comme le MIL, la OLLA ou l’ERAT (formé par des ouvriers de la SEAT) qui détournaient l’argent accumulé par les riches vers divers projets des exploité-e-s en lutte, en passant par les groupes de maquis comme ceux de Sabaté ou de Facerias, qui dans la période d’après-guerre réalisaient des braquages pour financer la résistance contre le régime franquiste. L’expropriation, aussi bien comme expression d’une lutte politique générale, que sous la forme de banditisme social dans laquelle est récupéré tout ce que les banques nous volent pour se libérer des chaînes de l’exploitation salariée ne nous semble réprouvable sous aucun principe, bien au contraire. Le fait que des gens que se lassent d’être systématiquement piétiné-e-s et pressé –e-s par la mafia légalisée, confirme que ’’nous ne sommes pas des marchandises aux mains des politiques et des banquiers’’, et qu’heureusement la condition humaine résiste à accepter avec soumission la dictature du capital sur nos vies.

La chasse policière et médiatique qui s’est déployée autour de ces braquages en Allemagne ne doit pas faire perdre la perspective ni confondre l’ennemi. Le véritable danger public c’est le pouvoir représenté par des criminels comme Wolfgang Schäuble et Angela Merkel, le pouvoir qui n’a pas vidé que quelques coffres-forts, sans la richesse sociale de peuples et de territoires entiers. C’est le pouvoir des élites transnationales qui ont jeté des millions de personnes dans la misère pour imposer des mesures d’austérité servant leur projet néolibéral et impérialiste.

L’arrestation de notre compagnonne n’est qu’une raison de plus pour combattre ces élites et le système qu’elles représentent, un système fanatiquement poussé par l’accumulation d’argent dans quelques mains aux dépens de la souffrance, de la dépossession et de l’exploitation des autres. Ni les poursuites policières ni la propagande massive du régime ne peuvent cacher ce qui est déjà évident pour tout le monde : comme l’a dit le poète, quel délit représente voler une banque en comparaison avec le fait d’en fonder une ?

Liberté immédiate pour la compagnonne emprisonnée à Madrid !
Bloquons le processus d’extradition
Solidarité avec le cso blokes fantasma et toutes les personnes en lutte poursuivies !
Tant qu’il y aura de la misère il y aura de la révolte !

Des compagnes et compagnons de la personne emprisonnée
15 avril 2016
Barcelone

[Traduit du catalan d’Indy Barcelone, 15 abr 2016]

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[Tract] Dans la file et en silence

[Tract collé sur les murs de Bruxelles]


Se lever à 7 heures pour se retrouver en avance devant les portes encore fermées, faire sa place dans la queue déjà longue en prévision des heures qui suivront, attente, avec chacun sa préoccupation (tu vas pas te plaindre hein ? T’es chômeur quand même !).


Une file qui s’étend jusque sur le trottoir les deux seuls jours ouvrables, en attente d’accéder aux deux seuls guichets qui font de « l’accueil », distribuant réponses et numéros pour cette attente, plus longue encore, qui suivra celle de la file, assis dans la salle d’attente. Ces petits tickets numérotés qu’on serre anxieusement comme les numéros gagnants d’un Loto imaginaire, chargés des possibles résolutions à nos problèmes, loyer, factures, ou de nos possibles déceptions.


Personne ne s’adresse la parole, ou presque, surveillant sa place dans le rang. Silence d’attente.
Pourtant ce matin, dans les heures bourdonnantes s’élèvent tout à coup des voix, qui gueulent, que « ça fait déjà des heures qu’on attend ! Que c’est pas possible ! Que faites votre boulot putain ! Que…pourquoi ya tellement de guichets vides là en bas et seulement deux personnes à l’accueil ? Que…je suis chômeur oui, mais je ne suis pas là pour justifier votre salaire… »


Des voix en écho qui accueillent, soutiennent, ou approuvent en silence ; les émotions que ça remue ; et les responsables, plus ou moins gradés qui se succèdent pour appeler au calme, au dialogue, au silence…à s’en aller ; rien n’y fait la voix persiste et continue de gueuler et se fera emmener ailleurs par les uniformes, les keufs !!, avec leurs gilets pare-balles. Et la gueule que ça lui fait au service public d’assurer sa permanence avec un flic de chaque côté du bureau.


Qu’on sache bien quelle est notre place, en file et en silence ;


Comme en taule où, quand une grève de matons aboutit à une situation encore plus insupportable que la détention jugée « normale », sans sortie, ni douche, ni même nourriture, ceux qui optent pour la révolte et la destruction brutale et immédiate des infrastructures seront rapidement ramenés au calme par la présence de l’armée…la jolie gueule d’humanitaire que ça lui fait au service public des prisons tenues par les uniformes militaires. Gueule d’ordre, à se taire, à rester calme…pas de questions sur la légitimité d’un ordre qui a besoin de tellement d’uniformes pour se défendre. Il doit être bon, doit être sans doute le seul possible ? Le problème c’est forcément ceux qui critiquent, qui gueulent ; eux les violents ; ou eux les indésirables, ces réfugiés dont on ne sait que faire et qu’on repousse toujours plus loin de nos frontières ou dans ces toutes nouvelles taules et camps sécurisés, là non plus pas de critique sur ce maintien de l’ordre qui multiplie murs et barbelés aux quatre coins du territoire.


Et quand de nouveau des voix s’élèvent et des actes de révolte se multiplient, éclatant les silences imposés et se déchaînant contre tous les acteurs, responsables et entrepreneurs de l’ordre public, en destructions matérielles, manifestations, journaux, tracts, tags, etc la sanction judiciaire tombe, comme dans le cas du procès contre douze anarchistes et antiautoritaires, accusés, entre autres, de participation à une association terroriste et différents actes de vandalisme dans le cadre de luttes contre les frontières et les prisons.


Terroristes, ceux qui gueulent quand la vie étouffe, quand l’humiliation les réduit, quand la misère leur est imposée ? Terroristes ceux qui se joignent à eux en solidarité ? Terroristes ceux qui refusent patiemment leur tour à la place qui leur est assignée, qui refusent d’accepter que « c’est normal et on devrait déjà être bien content ! Ça pourrait être pire… » ?
Non ; c’est cette mise sous silence le véritable terrorisme.


En solidarité avec les révoltes contre cet ordre et ses structures, dans la rue, les taules ou ailleurs

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Procès contre des anarchistes – Retour après la Chambre du Conseil

Bruxelles – Le 10 mai avait donc lieu la chambre du conseil qui devait statuer sur la tenue d’un procès en anti-terrorisme à l’encontre de douze anarchistes.

Celle-ci aura tourné court, la juge ayant soulevé la question de la langue dans laquelle devrait se passer cet éventuel procès.
En effet, l’ensemble des potentielles inculpées n’avait rien déclarer lors de leurs auditions, mais une majorité d’entre elles n’avaient rien déclarer… en néerlandais ! Or la procédure avait été poursuivie en français…
Ne sachant pas comment régler ce “problème” sur le moment, la chambre du conseil a donc été reportée.
Aucune nouvelle date n’a été fixée pour le moment.

Voilà donc les inculpées entrées de plain-pied dans une nouvelle phase de la “temporalité judiciaire”.
Pourtant, il nous appartient de garder un oeil sur cette histoire – sans alarmisme ni catastrophisme – pour ne pas laisser la justice faire son travail sournoisement sans qu’il n’y ait de solidarité démontrée envers ces compagnonnes.

Par ailleurs, si les faits reprochés datent d’il y a quelques années, le monde lui n’a pas tant changé et il est toujours temps de se révolter !
Que ça soit suite aux révoltes dans les prisons qui se déroulent en ce moment-même, à l’affront qu’est la loi dite des “45 heures”, aux mouvements de contestations dans les centres fermés, aux conditions de vies de plus en plus dures ou aux humiliations quotidiennes imposées par la bonne morale… Ce ne sont pas les raisons ni les possibilités qui manquent.

Solidarité dans la lutte.

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